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Contraste

samedi 1 septembre 2007

Première nuit à Cuba.


Cette première nuit fut quelques peu chaotique : chambre pas réservée, David Diaz me conduit chez une amie à lui dans une autre casa particular. Nous réveillons tout le monde à 2h du mat’ mais au moins je trouve un lit. Et puis à 4h, le voisin de cette gentille dame, dont la fenêtre des chiottes communique directement avec la fenêtre de ma chambre, se met à vomir tout ce qu’il peut…

Je suis donc réveillée par l’odeur plus que par le bruit et il me prend à mon tour une bonne envie de courir aux toilettes (mais j’ai réussi à me maîtriser en mettant ma tête sous le drap malgré les 40° de la piaule).

Lendemain matin retour chez David (la dame me propose de rester mais non merci ça ira) et je file me balader dans la Havanne. Je n’ai jamais vu une ville avec autant d’âme : musique partout, tout le monde est souriant, peu de trafic… Bref, le seul hic c’est le don des cubains pour t’arnaquer. Je suis sollicitée tous les 2 mètres : « Tu es la femme de ma vie », « Je t’invite boire je-ne-sais-quoi-je-ne-sais-où », « Viens au festival de salsa (qui n’existe pas) »… Blablabla…

Hormis ça, vraiment génial. Je croise une troupe de cirque super et me prend de passion pour les vieilles américaines. Concert de salsa dans un bar le soir avec un jeune cubain très sympa mais qui me demande quinze fois si je crois au coup de foudre parce que lui c’est ce qu’il ressent pour moi…

:-S

Je me couche crevée le soir vue la nuit précédente. Je suis enchantée par la ville mais un peu incertaine de la possibilité de rencontrer des gens désintéressés avec qui je pourrais vraiment partager la vie cubaine quelques jours.

Journée Rumba et … prise de chou !!

Deuxième journée dédicacée à la rumba dans un lieu magnifique dont les murs sont tous peints par un artiste cubain. Je tombe en plein rêve : plusieurs groupes enchaînent les rythmes endiablés de rumba afro cubaine et les vieux comme les plus jeunes, tout le monde danse avec une énergie incroyable.

Je suis plus sollicitée que jamais et je fini par bien m’entendre avec Ricardo. Seulement voilà, ce gentil monsieur abuse de la bouteille et devient de plus en plus collant et désagréable. Il m’empêche de parler avec les autres gens, s’énerve et parfois insulte. Je lui propose donc de se calmer immédiatement parce qu’il me gave.

Pas moyen… Il me suit jusque chez moi, et puis moi, naïve que je suis, je lui paye de la bouffe, des rhums et le gars commence en plus à être bourré et franchement désagréable. Comme il commence à vraiment me gonfler je lui dis que je rentre, il me suit, me dit qu’il m’attend, je lui dis non, il m’attend quand même, et sonne une demi heure plus tard.

En fait les cubains sont assez persuasifs et tout est bon pour te convaincre de rester avec eux. L'espoir derrière étant évidemment que tu les sortira de Cuba. Mais du coup, mes deux premiers jours furent un peu stressants. Constamment appelée dans la rue, les Cubains tentent de m'escroquer toutes les 5 minutes. Donc un peu inquiète, je continue ma route dans l'espoir de pouvoir rencontrer des gens bien...

Bref... Pour continuer sur ce charmant jeune homme, je sors, il m’engueule, m’insulte blabla. Oulaaaa ! Tu dégages, tu me laisses. Je ressors une heure plus tard un peu inquiète, mais il n’est plus là. Du coup, gros flip que les cinq jours à Cuba ne soient faits que d’histoires de ce genre… Même si je le savais, ce n’est pas du plus agréable. Au final direction le quartier chinois et là…

Gustavo et Aylin

Dans une rue du quartier chinois, je m’arrête avec un chanteur de rue, Piedrito, qui me chante quelques chansons en hurlant mon prénom sur le rythme de boléros suaves. Il me propose de venir manger chez lui le lendemain midi : Ok ! Entre temps, Gustavo se pointe pour écouter Piedrito qui est aussi humoriste à ses heures : grosse marade.

Piedrito s’en va et je reste avec Gustavo et sa copine, Aylin, qui loue des copies de DVD dans la rue pour 10 pesos cubanos. On commence à bien parler et ils me racontent comment fonctionne le système Cubain et pourquoi ils le détestent. Aylin a goûté au rêve car un petit ami suisse lui a payé plusieurs fois le voyage vers la France et la Suisse. Et puis il est mort d’un accident de voiture.

Nous parlons un bon moment sur le bord du trottoir et ils me racontent comme ils aimeraient sortir de Cuba, pouvoir voyager, gagner leur vie un peu plus dignement… Aylin a chez elle une peinture d’un paysage. En passant devant elle me dit : « j’aimerais vraiment voir ça en vrai »… Bam !

Je leur paye des bières, on mange un bout et puis on se balade sur le Malecon jusqu’à deux heures du mat’. Ils refuseront que je paye les chicharrones que nous mangeons vers minuit. Le Malecon est une longue avenue qui longe la mer sur 7 kilomètres et c’est aussi le lieu de prédilection des cubains la nuit : musique, danse, couples… Pour moi, c’est le meilleur moyen de rêver en regardant l’horizon : pas top quand tu sais que ceux qui prennent la mer pour partir sont 200 sur un pauvre radeau qui arrive rarement à destination…

Je rencontre au passage l’oncle José qui me fait rentrer chez lui pour me montrer ses deux portraits de Fidel et de Che Guevara (trois fois plus grand que le premier).

Rencontre extraordinaire donc, je me fonds dans le vrai Cuba, et je me sens entre de bonnes mains après mes mésaventures. On se fera quand même arrêter deux fois par la police qui nous interrogera sur la raison pour laquelle nous sommes ensemble (cubains et touriste ne sont pas autorisés à discuter ensembles...).

samedi 14 juillet 2007

Retrouvailles à la cubaine


Après avoir passé une semaine seule à déambuler dans la Havanne, j'ai retrouvé "papamaman" pour des vacances plus mobiles. Direction Trinidad, ville coloniale magnifique mais bien plus pauvre. Tous les cubains que nous croisons nous demande du savon, de l'argent, ou encore des vetements.



Une vieille dame me demande si je n'ai pas un bijou ou autre car elle n'a aucun moyen d'offrir quoique ce soit à sa jeune adolescente... Un vieux bonhomme balade son coq et fait payer les photos aux touristes (par principe je suis restée discrète et lui ai donné sa pièce sans qu'il sache que j'avais pris une photo, ça me met mal à l'aise... :))



Plages magnifiques au passage...

Ensuite, ce fut pelerinage vers la ville ou dort le Che : Santa Clara. Moment génial aussi dans une ville vraiment superbe. Je me suis même dis que je vivrais bien dans ce genre de ville. Beaucoup d'étudiants et la fête à toute heure du jour ou de la nuit.

Nous terminons par les plages magnifiques sur la côte ou je me suis inévitablement chopé un terribe coup de soleil sur le ventre : très joli...



Au final, retour sur la Havanne seule pour une ultime soirée en compagnie de Jordanis, un cubain qui souhaite que ma dernière soirée à Cuba soit tip top : sortie dans un bar de la Habana vieja, groupe de salsa y bolero, Chacha, quelques pas de danse, promenade sur le Malecon et au lit pour retourner au Guaté le lendemain. Ya!

Cuba... (ou du moins le peu que j'en ai vu)




- Deux monnaies ont cours ici : le peso convertible (environ égal à 1,25USD), et le peso cubano (1 peso convertible = 25 pesos cubanos)

- Grand nombre de cubains gagnent autour de 150 pesos cubanos par mois. Les prix étant très élevés, ça ne donne pas accès à grand chose. La bière la moins chère coute 1 dollar (soit 25 pesos)...

- Les cubains ont plus facilement accès aux boutiques en pesos cubanos car il est rare qu'il gagnent des convertibles. Dans ces boutiques, les vêtements sont moches, la bouffe n'est pas bonne et ça reste cher

- Un cubain ne peut pas sortir du territoire cubain si il n'est pas marié à un(e) étranger(e)

- Le meilleur moyen de s'évader : l'alcool. Les cubains boivent beaucoup et si possible du rhum pas cher et pas bon mais qui attaque bien

- Homosexualité totalement libérée

- Rationnement obligatoire : un savon, une bouteille d'huile, une dose de riz par personne et par mois, un pain par jour...

- Interdit de manger de la viande de vache car selon Fidel, l'animal permet d'alimenter les enfants en produits laitiers

- Un cubain et un touriste qui parlent ou marchent ensemble ont de grandes chances de se faire questionner par la police

- La santé et l'éducation sont complètement gratuites. Pas d'analphabétisme et la technologie médicale est la meilleure d'Amérique du Sud. L’espérance de vie est à 75 ans

- Les cubains savent tous danser, chanter ou jouer d'un instrument

- Publicité anti Bush et anti américains à tous les coin de rue, à la TV... Publicité pro-Fidel à tous les coins de rue, à la TV...