Le social-démocrate Alvaro Colom (28,35 %) et le conservateur Otto Perez (23,93 %)s'opposeront au 2e tour. La militante pour les droits des Indiens et prix Nobel de la paix 1992 Rigoberta Menchu ne recueille que 3,03 % des voix.

Après une campagne électorale endeuillée par l'assassinat d'une cinquantaine de militants ou candidats à des mandats locaux, le scrutin s'est déroulé dans le calme, malgré quelques actes de violence isolés, selon le Tribunal suprême électoral et les observateurs internationaux.

Alvaro Colom, candidat malheureux en 1999 et 2003, est un chef d'entreprise féru de culture maya, un des rares non-Indiens à avoir reçu le titre de "chaman" (prêtre) de la part des communautés indiennes.

Ses idées social-démocrates bousculent un pays ultra-libéral dont le système politique profite à une élite, alors que 80% des Guatémaltèques vivent dans la pauvreté, en particulier les indigènes, qui représentent 60% de la population.

Alvaro Colom a promis de mettre fin aux privilèges fiscaux de l'oligarchie, de lutter contre la politique des bas salaires et de la flexibilité, et d'améliorer le système de santé publique.

Son parti, l'Union nationale de l'espérance, a été particulièrement frappé par la vague de violence politique qui a entaché la campagne.

Otto Perez est l'homme qui a négocié et signé au nom des forces armées les accords de paix à l'issue de la guerre civile qui a fait près de 250.000 morts entre 1960 et 1996.

Ce militaire à la retraite a axé sa campagne sur la sécurité, promettant une grande fermeté contre la corruption, les trafiquants de drogues et les "maras", les gangs armés. Il souhaite augmenter de 50% les effectifs de la police.

Son discours sécuritaire fait craindre à certains un retour à la répression, alors que ses détracteurs lui reprochent d'avoir dirigé, pendant la guerre civile, un corps d'élite accusé d'enlèvements et d'exécutions sommaires.

Mais Otto Perez est susceptible de trouver un écho dans un pays où le taux d'homicide est parmi les plus élevé au monde et où la justice est perçue comme une institution corrompue et inefficace.

La population s'inquiète aussi du phénomène des "maras ", bandes de jeunes gens tatoués qui se sont d'abord développées dans les quartiers hispaniques de Los Angeles avant de se répandre dans toute l'Amérique centrale dans les années 1990, importé par d'anciens immigrés expulsés par les Etats-Unis.

Otto Perez et Alvaro Colom étaient tous deux crédités d'un peu plus de 30% des voix par les derniers sondages avant le scrutin.

Rigoberta Menchu, ancienne femme de ménage, Indienne maya à l'histoire familiale tragique, a reçu le prix Nobel de la paix en 1992 pour son combat en faveur des droits des peuples indigènes.

Elle a fondé un parti, Winaq, et s'est alliée pour la présidentielle avec un parti de centre-gauche. Elle critique les compromissions des politiciens mais, en tant que femme et en tant qu'indienne, elle se heurte à de fortes résistances historiques et culturelles. Les sondages ne la créditent que de quelques points. Des chiffres confirmés par les résultats partiels et qui la privent de fait d'un second tour.