Après un long mois d’adaptation et de travail acharné, j’ai enfin pu me prendre un vrai week-end de découverte. Je suis donc partie tout près de Lomé dans un petit village enclavé derrière un lac. Le village de Togoville qui est le noyau même du pays. C’est là qu’a commencé l’histoire du Togo. J’ai retrouvé là-bas mon ami Dieudonné (journaliste avec qui je bosse au CCF) qui m’a présentée à Eugène, artiste chanteur et enseignant en espagnol dans une des plus importantes écoles d’Afrique de l’Ouest, à Togoville même.


Le village est un havre de paix, pas de voitures, pas de zemidjans (les motos taxis), juste des arbres et des petites cases tranquilles. Après avoir visité le village, la famille d’Eugène m’a invité à manger des kolikos (frites d’igname), avec aloko (bananes plantains) et sauce piment, le tout arrosé d’une bouteille de rouge pour l’occasion. Après cet accueil à l'africaine, je me suis tapé une bonne sieste, l’estomac en vrac.




L’après-midi a été consacré à la rencontre avec le prince du village, soit le fils du roi… Un moment incroyable. Le Prince nous a fait rentrer dans le « musée de la royauté Mlapa ». Une pièce de 5 mètres carrés avec des tableaux, de vieux drapeaux allemands, des sceptres et… la tombe du premier roi de la dynastie (Qu'on ne montre pas du doigt au risque de devoir "se mordre les ongles et se piquer les pieds"). 
Tous les trois assis sur des chaises face au Prince, on faisait pas nos fiers vu le charisme. Il regardait ses mains et a commencé à parler. C’était presque comme un conte ou chaque phrase se terminait par un dicton africain qui me hérissait les poils de vérité. J’ai notamment appris que les peaux des djembés, venues des animaux morts, permettent de parler avec l’au-delà, que le Togo a longtemps été considéré par l’Europe comme nation pilote de l’Afrique de l’Ouest, les togolais comme exemplaires dans leur comportement. 
J’ai aussi appris que le rapport à la spiritualité est très fort ici, proche du Bouddhisme et très ancré dans l’esprit des gens. Le Voodoo par exemple, religion hyper pratiquée ici, et à Togoville en particulier, signifie "la liberté de la cité intérieure". Et avec le jour qui baissait, l’histoire du Prince s’est terminée dans la pénombre, ce qui n’a fait que rendre le moment encore plus impressionnant. Une petite dernière que j'aime. Bises